Un coureur qui consulte sa montre à chaque kilomètre.
Quelqu’un qui compte les livres qu’il a lus cette année.
Un week-end pris pour décompresser.
Rien de mal là-dedans. Mais dans les trois cas, le plaisir a un contrat à remplir.
Nous devons faire 10 000 pas, manger 5 fruits et légumes par jour, la lecture doit nous cultiver ou nous faire appendre quelque chose, le repos doit nous rendre disponibles pour lundi. Même les vacances ont un objectif : nous recharger.
Recharger pour repartir, bien sûr. Et hop !
Alors voici la question de l’été.
Dans les 7 derniers jours, qu’avez-vous fait uniquement parce que ça vous plaisait ?
Attention au mot. Pas « ça me plaisait, et en plus ça m’a détendue ». Pas « ça me plaisait, et c’était bon pour mon dos ».
(En bilan, quand je pose cette question, la réponse arrive presque toujours en deux temps. Il y a la version présentable, qui vient dans les dix secondes. Et il y a l’autre, qui arrive parfois deux séances plus tard, généralement précédée d’un « bon, ça va vous paraître ridicule » 😉
3 graines
3 exercices. Chacun prend moins de 10 minutes
Graine 1 : la liste sans objectif
Reprenez votre carnet.
Écrivez 20 choses qui vous font plaisir, oui 20 !!
Le nombre compte, parce que les 10 premières sortent toutes seules et sont souvent les plus convenues. C’est à partir de la douzième que ça devient intéressant : quand la réserve des réponses présentables est épuisée, il faut bien aller chercher ailleurs.
Aucune règle de taille. « L’odeur du linge sec » a exactement le même statut que « voyager au Japon ».
Une seule interdiction : le mot « pour ». Dès qu’il apparaît, la ligne est à réécrire.
Graine 2 : ne rien faire, en vrai
10 minutes. Assis, dehors si possible (vous trouverez bien de l’ombre…). Pas de téléphone, pas de musique, pas de livre.
Ne rien faire, ce n’est pas se reposer. Se reposer, c’est encore utile. Là, il ne s’agit de rien préparer du tout.
Ça va être long et c’est bien
Notez juste après : à quel moment avez-vous eu envie d’attraper votre téléphone ? Qu’est-ce qui est monté à ce moment-là ? De l’agacement, de la culpabilité, une liste de tâches ?
La réponse en dit long sur ce que nous nous autorisons.
Graine 3 : retrouver la sensation
Choisissez un souvenir de plaisir gratuit, même minuscule.
Fermez les yeux. Revenez-y lentement, par les sens plutôt que par le récit : la lumière, la température de l’air, les sons autour, ce que vos mains touchaient.
Puis descendez dans le corps. Où est-ce que ça se loge ? La poitrine, le ventre, les épaules ?
Restez-y une minute ou deux.
Cette sensation est un repère. Une fois que nous savons ce que le plaisir gratuit fait dans notre corps, nous le reconnaissons beaucoup plus vite quand il repasse. Et nous repérons aussi, par contraste, tout ce que nous appelions « plaisir » sans que ça produise quoi que ce soit.



