
Le slasheur n’est plus une exception
Informaticien / bricoleur / aide à la personne. Ce “/” entre les métiers, c’est le “slash”, la barre oblique qui a donné son nom à un phénomène en plein essor. Le terme, popularisé en 2007 par l’Américaine Marci Alboher dans son livre One Person/Multiple Careers, a fait son entrée dans le Larousse en 2020. Aux côtés de “bore-out”. Ce n’est peut-être pas un hasard : l’un décrit le mal, l’autre esquisse une des réponses possibles.
Un phénomène qui s’installe dans la durée
En 2025, 15 % des actifs français cumulent au moins deux activités déclarées, soit 4,3 millions de personnes, presque un salarié sur six. Même après le pic exceptionnel de 2022 à 25 %, lié à la crise Covid, la tendance ne reflue pas. Elle s’installe dans la durée.
En 2016, 16 % des actifs se définissaient comme slasheurs, et 70 % d’entre eux le faisaient par choix. En 2022, ce taux avait grimpé à 26 %, et 96 % le vivaient comme un choix délibéré.
Le phénomène concerne d’abord les jeunes, 24 % des 18-24 ans et 19 % des 25-34 ans, mais ne s’y limite pas : 9 % des actifs de plus de 55 ans sont également concernés. Il est donc intergénérationnel.
Pourquoi ce choix ?
Les raisons sont multiples et souvent combinées. Si 62 % des slasheurs cherchent à améliorer leurs revenus, 38 % y voient l’occasion de monétiser une passion, et 21 % s’inscrivent dans un projet de reconversion ou une transition progressive vers l’entrepreneuriat.
Le désengagement au travail progresse : 26 % des Français estiment que leur activité professionnelle affecte leur santé mentale négativement. L’engagement mondial a chuté à 21 % selon le rapport de l’Institut Gallup en 2025. Face à ce constat, le slashing apparaît pour beaucoup comme une manière de reprendre la main, de ne plus attendre d’un seul employeur ce qu’une seule activité ne peut pas toujours offrir : du sens, de la variété, de l’autonomie.
La multi-activité est très minoritairement subie. Elle nourrit un engagement choisi et permet d’exprimer la singularité de chacun, tant dans les objectifs que dans les pratiques au quotidien.
La micro-entreprise comme cadre de référence
Majoritairement exercée sous le régime de la micro-entreprise, la seconde activité des slasheurs s’appuie de plus en plus sur les outils digitaux. En 2025, 39 % utilisent les réseaux sociaux, sites web ou e-commerce pour trouver leurs clients, contre 23 % trois ans plus tôt.
Pour près de la moitié des slasheurs, l’activité complémentaire est déjà entrepreneuriale. Le slashing est une porte d’entrée progressive, avec des risques contenus, vers l’entrepreneuriat. Le régime auto-entrepreneur a démocratisé cette bascule en permettant à chacun de tester une activité sans renoncer à la sécurité du salariat.
Slasher, oui, mais comment s’y retrouver ?
Le slashing n’est pas une solution universelle. Il demande une clarté sur ce que l’on veut vraiment combiner, et pourquoi. Certains profils s’y épanouissent naturellement, d’autres s’y épuisent faute d’avoir réfléchi à la cohérence de leur mosaïque.
C’est précisément ce que permet un bilan de compétences : identifier ce qui mérite d’être gardé, ce qui mérite d’être développé, et la façon dont tout cela peut s’articuler de manière viable et alignée avec ce que vous êtes vraiment.

Tout m’intéresse : richesse ou dispersion ?
“Je m’intéresse à tout, je ne sais pas choisir.”
Cette phrase, je l’entends souvent en bilan de compétences. Elle arrive avec une pointe de honte, comme si la curiosité était un défaut à corriger plutôt qu’une richesse à comprendre.
Ce que ces personnes ne savent pas toujours, c’est qu’elles appartiennent peut-être à une catégorie qui a un nom : les multipotentiels.
Des personnes qui développent des intérêts profonds et authentiques dans des domaines très variés, souvent sans lien apparent entre eux. Ce n’est pas quelqu’un qui papillonne ou qui manque de sérieux. C’est quelqu’un dont le cerveau s’emballe face à la nouveauté, qui apprend vite, et qui s’ennuie tout aussi vite une fois la maîtrise atteinte.
L’ennui dans la case, une souffrance réelle
Cet ennui n’est pas une paresse. C’est une forme de souffrance souvent mal identifiée, y compris par celui qui la vit. Ce que ces personnes vivent au quotidien ressemble souvent à ceci : une réunion de plus sur un sujet déjà maîtrisé, et l’attention part ailleurs.
Un projet bouclé depuis longtemps, et l’envie de passer à autre chose devient irrépressible. Un poste occupé depuis trois ans, et l’impression d’avoir fait le tour, d’étouffer.
Dispersion ou mosaïque : la différence qui change tout
Il y a pourtant une différence fondamentale entre celui qui s’éparpille et celui qui construit une mosaïque, le fameux slasheur. L’un est dans la fuite : il multiplie les pistes pour éviter de se poser, pour repousser le moment de vérité. L’autre a réfléchi, et ce qu’il compose devient évident, cohérent, assumé.
La mosaïque, ce n’est pas le hasard des intérêts accumulés. C’est la révélation d’un fil conducteur qui reliait tout depuis le début, sans qu’on le sache.
Ce fil existe presque toujours. Il n’est pas toujours visible au premier regard. Mais une fois trouvé, tout s’éclaire : les activités qui semblaient disparates se révèlent reliées par quelque chose de profond, une valeur centrale, une manière d’être, une façon particulière de rendre service.
Et vous ?
Votre curiosité vous pèse ou elle vous porte ? Avez-vous déjà eu l’impression d’étouffer dans une case trop étroite, sans savoir exactement pourquoi ? Avez-vous déjà rangé vos centres d’intérêt dans la catégorie “hobbies” parce que vous ne voyiez pas comment en faire quelque chose de cohérent ?
Si ces questions vous parlent, ce n’est peut-être pas un manque de direction. C’est peut-être simplement que la case unique n’a jamais été faite pour vous.

Reprendre une activité après un cancer :
ce n’est pas juste « reprendre le travail »
C’est retrouver sa place. Reconstruire un équilibre. Réapprendre à se faire confiance.
Laetitia Croizer, consultante en bilan de compétences et coach professionnelle, accompagne les personnes touchées par la maladie dans leur retour à l’activité, parce que reprendre, ça se prépare, à son rythme et avec du soutien.
Un parcours en 5 séances, proposé avec l’ISGT (Institut du Sein du Grand Toulouse) :
- Mieux se connaître après l’épreuve
- Découvrir les aides existantes et les parcours inspirants
- Poser son cap et créer un plan d’action sur mesure
- Remobiliser ses ressources (CV, formations, compétences oubliées…)
- Consolider son élan et s’autoriser à aller plus loin
+ 1 séance de coaching individuelle offerte par participant(e), dans un petit groupe bienveillant.
Les prochaines dates — jeudis de 9h30 à 12h00 :
- 17 septembre
- 1er octobre
- 15 octobre
- 5 novembre
- 19 novembre
Inscription en ligne sur SuperSaaS ou auprès de Laëtitia Maury de l’ISGT

Reconversion, création d’entreprise : et si le vrai sujet, c’était de passer à l’action ?
On parle beaucoup de l’envie de changer de métier. C’est devenu un sujet de dîner, d’open space, de conversation entre amis. Mais derrière l’envie, il y a une question plus discrète, et bien plus décisive : combien passent vraiment à l’action ?
Les chiffres récents sont éloquents. Un actif sur cinq serait aujourd’hui engagé dans une démarche de reconversion, et parmi ceux qui ne le sont pas encore, plus d’un tiers l’envisagent prochainement¹. Sur l’ensemble d’une carrière, près de deux Français sur trois connaîtraient au moins une reconversion importante². Autrement dit, changer de voie n’est plus l’exception : c’est presque la norme.
Et côté création d’entreprise, l’INSEE vient de confirmer une année record : 1 165 800 entreprises créées en 2025, dont 758 600 immatriculations de micro-entrepreneurs, leur plus haut niveau jamais atteint³. Derrière ce chiffre, une réalité qui parle beaucoup dans ce métier : la majorité de ces créations sont des activités indépendantes, des prestations de services, des projets testés à petite échelle. Des gens qui, un jour, ont cessé de dire « j’y réfléchis » pour faire un premier pas concret.
Car c’est là tout l’enjeu. Ces statistiques ne mesurent pas l’envie de changement : elles mesurent le passage à l’action. Et c’est une distinction essentielle. Entre la personne qui rêve de se reconvertir depuis trois ans et celle qui a déposé son statut le mois dernier, il n’y a pas une différence d’envie. Il y a une différence de mouvement.
Un chiffre, enfin, qui résume tout : 86 % des actifs en reconversion se considèrent comme les premiers acteurs de leur changement⁴. Pas la conjoncture, pas l’employeur, pas le hasard. Eux. Cette responsabilité peut faire peur, mais c’est aussi une excellente nouvelle. Si vous êtes le premier acteur de votre reconversion, alors le levier est entre vos mains.
La vraie question n’est donc pas « est-ce que je veux changer ? ». C’est : « qu’est-ce qui m’aiderait, concrètement, à faire le premier pas ? ». Et c’est précisément le sujet de cette lettre.
Sources :
- États des lieux récents de la reconversion en France (synthèses 2025-2026 s’appuyant sur les baromètres formation-emploi).
- Idem, estimation issue des mêmes baromètres sur la fréquence des reconversions au cours d’une carrière.
- INSEE, Les créations d’entreprises en 2025, Insee Première n° 2092.
- Baromètre de la formation et de l’emploi, Centre Info.

Dr Piers Steel, Procrastination, Pourquoi remet on à demain ce qu’on peut faire aujourd’hui
Ce livre a sa place dans ma bibliothèque, et il en ressort régulièrement, parce qu’il met des mots, et même une équation, sur quelque chose qui se vérifie tous les jours en bilan.
Piers Steel est l’un des chercheurs de référence dans le monde sur la science de la motivation et de la procrastination. Son livre n’est pas un énième manuel de développement personnel : il repose sur une décennie de recherche. Et il a le mérite rare de ramener un sujet qu’on vit souvent dans la culpabilité (« je suis nul, je n’y arrive pas ») à une mécanique compréhensible, et donc actionnable.
Le cœur de son propos tient en une formule :
Motivation = (Attentes × Valeur) / (Impulsivité × Délai)
Traduisons. On passe d’autant plus facilement à l’action que deux choses sont élevées : nos attentes (est-ce que je crois que je peux réussir ?) et la valeur que la tâche a à nos yeux (est-ce que ce projet compte vraiment pour moi ?). Et inversement, on procrastine quand l’impulsivité (la tentation de la gratification immédiate) et le délai (l’éloignement de la récompense) prennent le dessus.
Ce qui est passionnant, c’est que cette équation nomme exactement les deux conditions d’un plan d’action qui prend vie, évoquées plus haut.
Ce qui retient, le « je n’ose pas », c’est le terme Attentes : quand on ne croit pas en sa capacité à réussir, la motivation s’effondre, quelle que soit l’envie. Ce qui manque de clarté, le « le projet ne vient pas », touche à la Valeur et au Délai : tant qu’un projet reste flou et lointain, le cerveau n’a aucune prise concrète sur quoi s’accrocher. Poser les pistes à plat, c’est justement redonner de la valeur et rapprocher l’horizon.
Autrement dit : la procrastination n’est pas un défaut de volonté. C’est le résultat d’un calcul intérieur, et on peut agir sur chacun de ses termes.

Deux plans d’action qui ont pris vie
Voici deux accompagnements. À première vue, ils n’ont rien en commun. Côte à côte, pourtant, ils disent tout ce qui fait qu’un plan d’action se met en mouvement.
Elle est arrivée en sachant très bien ce qu’elle ne voulait plus. Sur ce point, aucune hésitation. Mais dès qu’on s’approchait du projet, se lancer, créer son propre poste en freelance, quelque chose se bloquait.
Ce n’était pas l’idée qui manquait : c’était l’audace de se l’autoriser. Le travail a donc porté là, sur l’estime, sur la légitimité, sur cette permission qu’elle ne s’accordait pas. Et à mesure que la confiance revenait, le projet a cessé de faire peur pour devenir désirable. Aujourd’hui, sa création de poste en freelance est en cours. Le plan d’action ne s’est pas imposé par la force de la volonté : il est venu, fluide, une fois levé ce qui la retenait.
Lui arrivait avec une histoire différente, et un découragement assez fréquent. Il avait déjà fait un bilan de compétences, sans en sortir avec un projet. Il venait presque en se demandant à quoi bon recommencer.
Au départ, rien ne venait, et la tentation était grande de conclure « je n’ai pas de projet, voilà tout ».
Sauf que le problème n’était pas l’absence de projet : c’était la méthode. En travaillant autrement la recherche de pistes, en posant vraiment tout à plat, en explorant ce qui n’avait jamais été exploré, le déclic est arrivé. Et là, comme pour elle, le plan d’action s’est construit avec une fluidité qui l’a surpris lui-même.
Deux personnes, deux points de départ opposés : l’une retenue par l’émotion, l’autre en quête de clarté. Et pourtant, la même issue. Quand ce qu’il fallait lever a été identifié, le plan d’action ne se force jamais. Il devient évident, et il se réalise.
C’est ce qui rend ce métier si vivant : rarement ajouter de la volonté à des gens qui n’en manquent pas. Plus souvent, dégager ce qui était coincé, et regarder le mouvement reprendre tout seul.

En arrêt maladie ? Vous pouvez faire un bilan de compétences.
C’est une question qu’on me pose régulièrement : “Je suis en arrêt, est-ce que j’ai le droit de commencer un bilan ?” La réponse est oui. Et c’est même souvent le meilleur moment.
Que votre arrêt soit lié à un burn-out, à une maladie, à un accident ou à un épuisement qui ne dit pas encore son nom, ce temps de pause subi peut devenir un temps de recul choisi.
Ce que dit la loi
L’article L.323-3-1 du Code de la sécurité sociale est clair : un salarié en arrêt maladie peut suivre une action de formation et le bilan de compétences en est une (articles L6313-1 et L6313-4 du Code du travail). Deux conditions :
- Obtenir l’accord écrit de votre médecin traitant, qui juge que la démarche est compatible avec votre état de santé.
- Transmettre cette autorisation à votre CPAM, de préférence en recommandé avec accusé de réception. Le médecin-conseil vérifiera la compatibilité avec votre arrêt.
Votre contrat de travail reste suspendu. Vous continuez à percevoir vos indemnités journalières. Votre employeur n’a pas à être informé.
Le financement ? Votre CPF est mobilisable, même pendant un arrêt.
Pourquoi c’est souvent le bon moment
En arrêt, vous êtes sorti du tourbillon quotidien. Pour la première fois depuis longtemps, vous avez l’espace pour réfléchir sans la pression du lundi matin. Le bilan n’est pas un effort supplémentaire, c’est une façon de reprendre le contrôle sur la suite, à votre rythme.
En distanciel, les séances s’adaptent à votre énergie : pas de déplacement, des horaires souples, un rythme modulable. C’est un cadre pensé pour respecter votre état de santé tout en avançant concrètement.
Dans la majorité des cas, la démarche administrative est plus simple qu’on ne l’imagine, un accord du médecin, un courrier à la CPAM, et c’est validé sans difficulté.
Ce qui bloque la plupart des gens, ce n’est pas le cadre légal :
c’est l’idée qu’il faut attendre d’aller mieux pour s’en occuper.
En réalité, c’est souvent l’inverse : s’en occuper aide à aller mieux.

MIEUX SE CONNAÎTRE
Vos valeurs : la boussole que personne ne vous a appris à lire
Dans la dernière lettre, je vous parlais du Piège du bonheur de Russ Harris, et de cette idée qui change tout : le bonheur n’est pas un état permanent à atteindre, c’est un piège quand on en fait l’objectif. Mais alors, si ce n’est pas le bonheur qui doit guider nos choix de carrière… c’est quoi ?
La réponse de Harris, et celle que je constate chaque semaine en bilan, tient en un mot : les valeurs.
Pas les valeurs au sens moral du terme, pas celles qu’on affiche dans un cadre au mur de l’entreprise. Les valeurs au sens profond : ce qui compte vraiment pour vous. Ce pour quoi vous êtes prêt à vous lever le matin, même quand c’est difficile. Ce qui fait que certaines journées vous remplissent d’énergie et d’autres vous vident — sans que vous puissiez toujours expliquer pourquoi.
Le psychologue Shalom Schwartz a passé trente ans à étudier cette question dans des dizaines de pays. Il a identifié dix grandes familles de valeurs universelles :
- L’autonomie (liberté de pensée et d’action, créativité)
- La stimulation (nouveauté, défi, variété)
- L’hédonisme(plaisir, gratification personnelle)
- L’accomplissement (réussite personnelle, compétence reconnue)
- Le pouvoir(statut social, contrôle des ressources)
- La sécurité (stabilité, ordre, protection)
- La conformité (respect des règles et des attentes sociales)
- La tradition (respect des coutumes, humilité)
- La bienveillance (préserver le bien-être des proches)
- L’universalisme (justice sociale, tolérance, protection de la nature)
Et surtout, il a montré quelque chose de fascinant : ces valeurs ne vivent pas indépendamment les unes des autres. Elles s’organisent en cercle.
Celles qui sont voisines dans le cercle se renforcent naturellement, par exemple, l’autonomie et la stimulation vont souvent de pair : quelqu’un qui a besoin de liberté a souvent aussi besoin de nouveauté.
En revanche, celles qui se trouvent à l’opposé sur le cercle créent une tension intérieure. L’autonomie s’oppose à la conformité. La bienveillance s’oppose au pouvoir.
Et c’est exactement ce que j’observe en bilan.
Quelqu’un qui a besoin d’autonomie mais travaille dans un environnement ultra-contrôlé ne manque pas de compétences. Il est en conflit de valeurs.
Quelqu’un qui place la bienveillance au centre de tout mais occupe un poste où on lui demande d’imposer, de trancher, d’exercer un pouvoir sur les autres ne sera pas épanoui, non pas parce qu’il est incompétent, mais parce que ce qu’on lui demande chaque jour va à l’encontre de ce qui le met en mouvement.
Et tant qu’on n’a pas mis des mots dessus, on tourne en rond.
Le problème, c’est que personne ne nous apprend à lire cette boussole.
On nous demande ce qu’on sait faire, pas ce qui nous met en mouvement. On choisit une formation, un poste, une entreprise, sans jamais vérifier si ça nourrit ce qui compte pour nous.
On se retrouve dans un métier “logique” au regard de notre CV, mais qui nous éteint à petit feu.
C’est souvent là que le bilan commence vraiment : pas quand on liste ses compétences, mais quand on identifie ses valeurs et qu’on comprend enfin pourquoi ce poste “parfait sur le papier” nous vidait de notre énergie.
Alors si vous deviez choisir trois valeurs dans cette liste, celles sans lesquelles votre vie professionnelle perd son sens, lesquelles choisiriez-vous ?

Emplois et IA en 2026
L’intelligence artificielle ne remplace pas d’abord les tâches simples, elle s’attaque aux tâches complexes. C’est l’un des enseignements les plus surprenants d’une étude publiée en février 2026 par Anthropic, le créateur de Claude. Alors que les algorithmes prennent en charge de plus en plus de travail intellectuel, une question s’impose pour votre carrière, quelles compétences feront encore la différence demain, et comment se repositionner avant que la vague ne vous dépasse ?
L’impact réel dans les entreprises
Pendant longtemps, le discours dominant était rassurant, car on pensait que l’IA allait d’abord s’occuper des tâches répétitives et peu qualifiées comme la saisie de données ou les processus standardisés. Un article paru en novembre 2025 par l’université de Stanford allait exactement dans ce sens, laissant penser que les travailleurs qualifiés avaient encore de beaux jours devant eux.
L’Anthropic Economic Index vient bousculer cette certitude en montrant que l’IA excelle aujourd’hui 12 fois plus sur les tâches nécessitant un niveau universitaire que sur celles d’un niveau lycée.
Les secteurs les plus exposés
Les développeurs informatiques sont particulièrement touchés, avec une très forte majorité de leurs tâches directement exposées à ces nouvelles technologies. Le service client, l’analyse de données et le droit font également partie des domaines les plus impactés par ces algorithmes avancés. Autrement dit, ce sont bel et bien les experts et les travailleurs intellectuels qui se retrouvent aujourd’hui en première ligne face à ces bouleversements.
Le basculement vers l’automatisation
Il faut distinguer deux usages de l’IA en entreprise, à savoir l’augmentation qui vous assiste, et l’automatisation qui prend en charge un processus de bout en bout.
Selon Anthropic, on observe actuellement un glissement massif du premier usage vers le second, reléguant souvent l’humain à un simple rôle de validation. Un développeur ne demande plus à Claude de l’aider à corriger un bug, il lui confie l’écriture complète d’un module, ce qui gèle les recrutements des postes juniors.
Les compétences qui prennent de la valeur
Si l’IA se charge de l’exécution, la vraie compétence devient la capacité à diriger, critiquer et contextualiser ce que la machine produit. Plusieurs compétences s’imposent comme incontournables en 2026 pour rester compétitif sur le marché du travail :
- Le jugement critique permet d’évaluer une production algorithmique, de détecter ses erreurs et d’identifier ses limites.
- La polyvalence avantage les profils hybrides, car l’IA permet à un marketeur de coder ou à un spécialiste des ressources humaines d’analyser des données.
- L’intelligence émotionnelle reste indispensable pour la gestion de conflits, la négociation et l’animation d’équipe
- La vision stratégique aide à poser les bonnes questions, définir des priorités et prendre des décisions dans un environnement incertain.
- L’adaptabilité devient primordiale, sachant que quarante pour cent des compétences actuelles seront à renouveler d’ici 2030 selon le Forum économique mondial.
Le bilan de compétences comme boussole
Face à ces bouleversements, le bilan de compétences n’a jamais été aussi pertinent pour identifier votre avantage humain unique. Il met en lumière votre capacité à gérer des situations de crise ou à comprendre les besoins implicites d’un client, des éléments qui résistent parfaitement à l’automatisation. Le bilan vous aide aussi à faire le deuil de la pure technique, vous faisant passer d’un rôle d’exécutant à celui de superviseur stratégique.
J’ai une question à vous poser : connaissez-vous vos talents ?
Anticiper son avenir professionnel
Les nouveaux rôles émergent rapidement, et tous les métiers existants évoluent en profondeur. L’IA ne met pas fin au travail, elle redistribue simplement les tâches et transforme ce que signifie être expert dans son domaine. Le bon moment pour faire le point sur vos compétences, clarifier votre trajectoire et vous former aux rôles de demain, c’est maintenant.

Talent inné ou compétence acquise ?
Pourquoi comprendre la différence peut sauver votre carrière
Je vais commencer par vous expliquer la nuance entre la notion de compétences et de talents
La compétence est acquise (le “savoir-faire”) : C’est une connaissance ou une technique que l’on a apprise par la formation, l’expérience et la répétition. Par exemple : maîtriser un logiciel comptable, coder en Python, ou connaître le droit du travail. Cela demande un effort conscient.
Le talent est inné (le “savoir-être naturel”) : C’est un trait de personnalité, une aptitude naturelle. Il se caractérise par quatre éléments : la facilité (on le fait presque sans y penser), le plaisir (cela ne nous épuise pas, au contraire), la reproductibilité (c’est constant chez nous) et la reconnaissance par les autres. Par exemple : avoir un sens naturel de la répartie, un esprit de synthèse fulgurant, ou une empathie immédiate.
Mais attention, on peut avoir de grandes compétences sans talent (mais cela coûte de l’énergie), et un talent gâché s’il n’est pas transformé en compétence par le travail.
Beaucoup de professionnels sous-estiment leurs talents.
Parce qu’un talent est facile et naturel pour nous, nous pensons à tort que c’est facile pour tout le monde, et donc que cela n’a pas de valeur. Et combien de fois en bilan de compétences, mon bénéficiaire m’a répondu « oui enfin ça c’est facile à faire, je ne vois pas où est ma plus-value »
Le marché du travail (les fiches de postes, les diplômes) valorise historiquement les compétences mesurables. Résultat : on s’identifie à notre “fiche de poste” (ex: je suis un bon assistant administratif) en oubliant la mécanique derrière (ex: mon talent caché est l’optimisation de processus chaotiques).
Comment le bilan de compétences agit comme un révélateur
Le bilan ne sert pas juste à faire l’inventaire de ce qu’on sait faire (les compétences), il sert à décoder la manière dont on aime le faire (les talents).
Je vous ai déjà dit que le bilan de compétences portait mal son nom, non ?
Lors d’un bilan, il est fondamental d’analyser les réussites passées non pas sous l’angle du “quoi/lesquelles” mais du “comment”.
Pour cela les entretiens doivent être approfondis, de tests de personnalité pertinents, et de la revisite des expériences passées pour identifier ces schémas naturels de réussite.
Une fois le talent brut identifié (ex: aisance relationnelle), le bilan aide à voir vers quelles nouvelles compétences on pourrait le transférer dans un autre métier ou secteur.
Prêt (e) à découvrir vos talents ?

Stageos s’engage aux côtés des femmes touchées par le cancer
Le cancer change tout. Le rapport au corps, à l’avenir, à soi. Et souvent aussi le rapport au travail. Pourtant, une fois les traitements terminés, la question du retour à l’emploi arrive très vite, parfois trop vite, sans accompagnement adapté.
C’est pourquoi Stagéos s’est engagé aux côtés de deux associations qui agissent concrètement sur ce sujet : le Repair Lauragais à Villefranche-de-Lauragais et l’Institut du Sein du Grand Toulouse (ISGT)
Dans ce cadre, Laetitia Croizer, coach et formatrice, anime des ateliers collectifs et individuels pour aider les femmes à retrouver confiance, clarifier ce qui fait sens pour elles aujourd’hui et reprendre leur place dans le monde professionnel, autrement et à leur rythme.
Ce n’est pas une formation. C’est un espace bienveillant pour se retrouver et repartir.
Si vous connaissez une femme qui pourrait en avoir besoin, partagez cet article. Et si vous souhaitez en savoir plus sur le Repair Lauragais, rendez-vous sur www.lerepairlauragais.fr.

Finalement, que fait-on dans un bilan de compétences ?
Je me rends compte, à chaque fois que je rencontre quelqu’un qui souhaite faire un bilan de compétences, qu’il en a une idée extrêmement floue. Et c’est tout à fait normal, car ce dispositif porte très mal son nom : la notion de “compétences” est particulièrement réductrice par rapport à ce que recouvre réellement cet accompagnement.
Ce que dit la loi
Le bilan de compétences est inscrit dans le Code du travail depuis la loi du 31 décembre 1991, renforcée en 2018. Il doit obligatoirement se dérouler en trois phases : préliminaire, investigation et conclusion. Voilà ce que prévoit le législateur, ni plus, ni moins.
Ce qu’un bilan de qualité fait vraiment
En réalité, si un bilan se limitait à inventorier vos compétences, il manquerait des informations incontournables pour construire un vrai projet de vie. Il existe malheureusement des bilans qui s’en tiennent là. Ici, je vais vous parler d’un accompagnement de qualité.
Un bilan efficace va bien au-delà : il explore vos besoins profonds, ce qui fait sens pour vous, vos valeurs, vos motivations, votre personnalité, vos talents (ces aptitudes naturelles que vous mobilisez sans effort et qui font souvent toute la différence), vos intérêts professionnels, les environnements de travail qui vous correspondent, le style de management sous lequel vous vous épanouissez, et vos contraintes concrètes (mobilité géographique, horaires, conditions de travail souhaitées). Bien sûr, on travaille aussi sur la trilogie classique des compétences : savoir, savoir-faire et savoir-être.
Voilà le contenu des phases préliminaire et d’investigation.
Tous les possibles sont ouverts
Durant ces deux premières phases, on s’ouvre à toutes les pistes sans hiérarchie : changer de métier, changer d’employeur, créer ou reprendre une entreprise, évoluer en interne ou en externe. Et aussi… ne rien changer.
Ce dernier cas peut sembler, à première vue, être un échec. Ce n’est absolument pas le cas. Certaines personnes, après un bilan de qualité, décident de rester là où elles sont. Pourquoi ? Parce qu’elles prennent conscience que leur métier leur convient bien, que leurs horaires leur permettent un équilibre de vie satisfaisant, ou que le marché de l’emploi ne leur est pas favorable à cet instant. C’est une conclusion à part entière, pleinement légitime.
La phase de conclusion : on passe à l’action
Une fois les deux premières étapes franchies, place à la conclusion. Toutes les pistes explorées lors de la phase d’investigation sont maintenant confrontées à la réalité du terrain. Comment ? Par des enquêtes métiers, des stages d’immersion, des analyses du marché du travail et, dans le cas d’une création d’entreprise, par une étude de faisabilité.
On retient généralement deux projets. Le projet A : celui que vous voulez vraiment atteindre, votre Saint-Graal. Il doit être réaliste et réalisable, et tout le travail de vérification est là pour ça. Le projet B : soit un second choix si le projet A n’est pas réalisable immédiatement, soit une étape intermédiaire pour y parvenir.
Pour chacun, un plan d’action précis est construit : quelle formation suivre, dans quel organisme, à quelle date, pour quel coût et quel financement ? Si l’objectif est une recherche d’emploi, le CV est retravaillé, des simulations d’entretien peuvent être menées, et une liste d’entreprises cibles est constituée.
Le document de synthèse
À l’issue du bilan apparaît un document obligatoire, lui aussi inscrit dans le Code du travail : la synthèse. Elle reprend l’ensemble du chemin parcouru, les compétences identifiées, les projets retenus et les plans d’action. Ce document vous appartient exclusivement. Votre employeur n’y a aucun accès.
Voilà le déroulé d’un bilan de compétences de qualité.

Un petit focus sur un dispositif pour envisager une reconversion
Beaucoup de salariés ne connaissent pas le Projet de Transition Professionnelle (PTP), pourtant c’est l’un des dispositifs les plus puissants pour financer une reconversion longue.
C’est quoi concrètement ?
Le PTP permet à un salarié de suivre une formation certifiante pour changer de métier, tout en restant rémunéré et en conservant son poste le temps de la formation. C’est Transitions Pro, un organisme paritaire régional, qui instruit les dossiers et décide du financement.
Mais tous les projets ne se valent pas aux yeux de Transitions Pro. Chaque commission évalue votre dossier sur trois critères : la cohérence de votre projet, la pertinence du parcours de formation envisagé, et les perspectives d’emploi à l’issue de la formation.
Les priorités nationales à connaître
Lorsque le budget ne permet pas de financer toutes les demandes, des priorités s’appliquent. Au niveau national, sont notamment favorisés les salariés les moins qualifiés, les personnes reconnues inaptes à leur poste, les salariés d’entreprises de moins de 50 personnes, et les projets visant des formations courtes de moins de 1 200 heures.
À cela s’ajoutent des priorités régionales, propres à chaque Transitions Pro, qui définissent chaque année une liste de métiers à fortes perspectives d’emploi sur leur territoire. Ces listes varient selon les régions mais font systématiquement ressortir les mêmes grands secteurs en tension : le BTP et la rénovation énergétique, le numérique, la santé et le social, le transport et la logistique, ainsi que l’industrie et la maintenance.
Ce que cela change pour vous
Si vous êtes en réflexion sur votre avenir professionnel, vérifier si votre projet cible un métier prioritaire dans votre région peut faire toute la différence dans la construction de votre dossier. Pour consulter la liste de votre région, rendez-vous directement sur le site de votre Transitions Pro régional.
C’est exactement ce qu’on travaille en bilan de compétences : explorer ce qui vous correspond, et aussi construire un projet solide, cohérent et finançable.

Les 7 signes qui montrent que vous avez besoin d’un bilan de compétences (et pas seulement de vacances)
Parfois, ce n’est pas si simple de savoir si on a juste besoin de vacances… ou si quelque chose de plus profond est en train de se jouer dans sa vie pro.
On se dit “ça ira mieux après le week-end, après les vacances, après ce projet”… et puis non. On sent bien qu’un truc cloche, mais on ne sait pas trop quoi ni par où commencer.Alors, fatigue passagère ou fin d’un cycle professionnel ?
Fin de la lune de miel avec votre entreprise ou votre manager, routine qui s’installe dans les missions, collègues qui défilent comme dans une gare… et vous au milieu, avec l’impression d’être resté au même quai.Je vous partage ici 7 signes que mon expérience de l’accompagnement a mis en lumière, et que je retrouve très souvent chez les personnes que j’accompagne. Si vous vous reconnaissez dans plusieurs d’entre eux… il est peut-être temps de regarder du côté du bilan de compétences (et promis, ce n’est pas douloureux).
Signe n°1
Tout m’agace : le client pointilleux, le cheftaillon tatillon, le CRM qui rame…
Bref, tout le monde vous agace. Même votre ordinateur a l’air de comploter contre vous. Quand l’irritation devient votre humeur de base au travail, ce n’est plus juste “un mauvais jour”, c’est un message.Signe n°2
Je reviens de vacances… et je suis encore plus agacé(e).
Normalement, les vacances rechargent les batteries. Si, au contraire, vous rentrez en vous disant “je ne tiendrai jamais jusqu’aux prochaines”, ce n’est pas un manque de soleil, c’est peut-être un manque de sens.Signe n°3
Ce qui me plaisait avant n’est plus aussi intéressant.
Les missions qui vous stimulaient vous laissent maintenant de marbre. Vous réalisez vos missions mais le cœur n’y est plus.Signe n°4
J’ai envie d’ailleurs… mais je ne sais pas où.
Vous fantasmez sur “autre chose” : un autre métier, un autre secteur, un autre rythme de vie. Mais quand on vous demande “oui, mais quoi exactement ?”, c’est le flou artistique. L’envie est là, la direction non. C’est précisément là que le bilan de compétences peut devenir votre boussole.Signe n°5
Je ne me reconnais plus dans ce poste, cette entreprise, cette équipe.
Vous avez changé, vos valeurs ont évolué… mais votre environnement pro, lui, est resté coincé à une autre date. Vous avez l’impression de jouer un rôle, de porter un costume trop serré. À force, ça finit par peser.Signe n°6
J’ai l’impression d’avoir fait le tour.
Vous connaissez tout, les procédures, les dossiers, les problèmes avant même qu’ils n’arrivent. C’est confortable… mais profondément ennuyeux. Le pilote automatique, c’est sympa un temps, pas pour une vie entière.Signe n°7
Je suis fatigué(e), me lever le matin me coûte, tout est fatigant.
Le réveil sonne et vous pensez déjà « vivement ce soir ». Même les petites tâches du quotidien vous semblent énormes. Là encore, ce n’est pas forcément un manque de sommeil : c’est parfois un manque de direction.Bonus : Signe n°8 (non officiel)
Vous êtes en train de lire ce texte parce que vous vous posez la question.
Si vous êtes arrivé(e) jusqu’ici, ce n’est peut-être pas un hasard. Une partie de vous sait déjà que quelque chose doit changer. Le bilan de compétences sert justement à mettre des mots, des pistes et un plan d’action sur ce fameux “quelque chose”.


