Je me rends compte, à chaque fois que je rencontre quelqu’un qui souhaite faire un bilan de compétences, qu’il en a une idée extrêmement floue. Et c’est tout à fait normal, car ce dispositif porte très mal son nom : la notion de “compétences” est particulièrement réductrice par rapport à ce que recouvre réellement cet accompagnement.
Ce que dit la loi
Le bilan de compétences est inscrit dans le Code du travail depuis la loi du 31 décembre 1991, renforcée en 2018. Il doit obligatoirement se dérouler en trois phases : préliminaire, investigation et conclusion. Voilà ce que prévoit le législateur, ni plus, ni moins.
Ce qu’un bilan de qualité fait vraiment
En réalité, si un bilan se limitait à inventorier vos compétences, il manquerait des informations incontournables pour construire un vrai projet de vie. Il existe malheureusement des bilans qui s’en tiennent là. Ici, je vais vous parler d’un accompagnement de qualité.
Un bilan efficace va bien au-delà : il explore vos besoins profonds, ce qui fait sens pour vous, vos valeurs, vos motivations, votre personnalité, vos talents (ces aptitudes naturelles que vous mobilisez sans effort et qui font souvent toute la différence), vos intérêts professionnels, les environnements de travail qui vous correspondent, le style de management sous lequel vous vous épanouissez, et vos contraintes concrètes (mobilité géographique, horaires, conditions de travail souhaitées). Bien sûr, on travaille aussi sur la trilogie classique des compétences : savoir, savoir-faire et savoir-être.
Voilà le contenu des phases préliminaire et d’investigation.
Tous les possibles sont ouverts
Durant ces deux premières phases, on s’ouvre à toutes les pistes sans hiérarchie : changer de métier, changer d’employeur, créer ou reprendre une entreprise, évoluer en interne ou en externe. Et aussi… ne rien changer.
Ce dernier cas peut sembler, à première vue, être un échec. Ce n’est absolument pas le cas. Certaines personnes, après un bilan de qualité, décident de rester là où elles sont. Pourquoi ? Parce qu’elles prennent conscience que leur métier leur convient bien, que leurs horaires leur permettent un équilibre de vie satisfaisant, ou que le marché de l’emploi ne leur est pas favorable à cet instant. C’est une conclusion à part entière, pleinement légitime.
La phase de conclusion : on passe à l’action
Une fois les deux premières étapes franchies, place à la conclusion. Toutes les pistes explorées lors de la phase d’investigation sont maintenant confrontées à la réalité du terrain. Comment ? Par des enquêtes métiers, des stages d’immersion, des analyses du marché du travail et, dans le cas d’une création d’entreprise, par une étude de faisabilité.
On retient généralement deux projets. Le projet A : celui que vous voulez vraiment atteindre, votre Saint-Graal. Il doit être réaliste et réalisable, et tout le travail de vérification est là pour ça. Le projet B : soit un second choix si le projet A n’est pas réalisable immédiatement, soit une étape intermédiaire pour y parvenir.
Pour chacun, un plan d’action précis est construit : quelle formation suivre, dans quel organisme, à quelle date, pour quel coût et quel financement ? Si l’objectif est une recherche d’emploi, le CV est retravaillé, des simulations d’entretien peuvent être menées, et une liste d’entreprises cibles est constituée.
Le document de synthèse
À l’issue du bilan apparaît un document obligatoire, lui aussi inscrit dans le Code du travail : la synthèse. Elle reprend l’ensemble du chemin parcouru, les compétences identifiées, les projets retenus et les plans d’action. Ce document vous appartient exclusivement. Votre employeur n’y a aucun accès.
Voilà le déroulé d’un bilan de compétences de qualité.



