Ce livre a sa place dans ma bibliothèque, et il en ressort régulièrement, parce qu’il met des mots, et même une équation, sur quelque chose qui se vérifie tous les jours en bilan.
Piers Steel est l’un des chercheurs de référence dans le monde sur la science de la motivation et de la procrastination. Son livre n’est pas un énième manuel de développement personnel : il repose sur une décennie de recherche. Et il a le mérite rare de ramener un sujet qu’on vit souvent dans la culpabilité (« je suis nul, je n’y arrive pas ») à une mécanique compréhensible, et donc actionnable.
Le cœur de son propos tient en une formule :
Motivation = (Attentes × Valeur) / (Impulsivité × Délai)
Traduisons. On passe d’autant plus facilement à l’action que deux choses sont élevées : nos attentes (est-ce que je crois que je peux réussir ?) et la valeur que la tâche a à nos yeux (est-ce que ce projet compte vraiment pour moi ?). Et inversement, on procrastine quand l’impulsivité (la tentation de la gratification immédiate) et le délai (l’éloignement de la récompense) prennent le dessus.
Ce qui est passionnant, c’est que cette équation nomme exactement les deux conditions d’un plan d’action qui prend vie, évoquées plus haut.
Ce qui retient, le « je n’ose pas », c’est le terme Attentes : quand on ne croit pas en sa capacité à réussir, la motivation s’effondre, quelle que soit l’envie. Ce qui manque de clarté, le « le projet ne vient pas », touche à la Valeur et au Délai : tant qu’un projet reste flou et lointain, le cerveau n’a aucune prise concrète sur quoi s’accrocher. Poser les pistes à plat, c’est justement redonner de la valeur et rapprocher l’horizon.
Autrement dit : la procrastination n’est pas un défaut de volonté. C’est le résultat d’un calcul intérieur, et on peut agir sur chacun de ses termes.



