“Je m’intéresse à tout, je ne sais pas choisir.”
Cette phrase, je l’entends souvent en bilan de compétences. Elle arrive avec une pointe de honte, comme si la curiosité était un défaut à corriger plutôt qu’une richesse à comprendre.
Ce que ces personnes ne savent pas toujours, c’est qu’elles appartiennent peut-être à une catégorie qui a un nom : les multipotentiels.
Des personnes qui développent des intérêts profonds et authentiques dans des domaines très variés, souvent sans lien apparent entre eux. Ce n’est pas quelqu’un qui papillonne ou qui manque de sérieux. C’est quelqu’un dont le cerveau s’emballe face à la nouveauté, qui apprend vite, et qui s’ennuie tout aussi vite une fois la maîtrise atteinte.
L’ennui dans la case, une souffrance réelle
Cet ennui n’est pas une paresse. C’est une forme de souffrance souvent mal identifiée, y compris par celui qui la vit. Ce que ces personnes vivent au quotidien ressemble souvent à ceci : une réunion de plus sur un sujet déjà maîtrisé, et l’attention part ailleurs.
Un projet bouclé depuis longtemps, et l’envie de passer à autre chose devient irrépressible. Un poste occupé depuis trois ans, et l’impression d’avoir fait le tour, d’étouffer.
Dispersion ou mosaïque : la différence qui change tout
Il y a pourtant une différence fondamentale entre celui qui s’éparpille et celui qui construit une mosaïque, le fameux slasheur. L’un est dans la fuite : il multiplie les pistes pour éviter de se poser, pour repousser le moment de vérité. L’autre a réfléchi, et ce qu’il compose devient évident, cohérent, assumé.
La mosaïque, ce n’est pas le hasard des intérêts accumulés. C’est la révélation d’un fil conducteur qui reliait tout depuis le début, sans qu’on le sache.
Ce fil existe presque toujours. Il n’est pas toujours visible au premier regard. Mais une fois trouvé, tout s’éclaire : les activités qui semblaient disparates se révèlent reliées par quelque chose de profond, une valeur centrale, une manière d’être, une façon particulière de rendre service.
Et vous ?
Votre curiosité vous pèse ou elle vous porte ? Avez-vous déjà eu l’impression d’étouffer dans une case trop étroite, sans savoir exactement pourquoi ? Avez-vous déjà rangé vos centres d’intérêt dans la catégorie “hobbies” parce que vous ne voyiez pas comment en faire quelque chose de cohérent ?
Si ces questions vous parlent, ce n’est peut-être pas un manque de direction. C’est peut-être simplement que la case unique n’a jamais été faite pour vous.



