Informaticien / bricoleur / aide à la personne. Ce “/” entre les métiers, c’est le “slash”, la barre oblique qui a donné son nom à un phénomène en plein essor. Le terme, popularisé en 2007 par l’Américaine Marci Alboher dans son livre One Person/Multiple Careers, a fait son entrée dans le Larousse en 2020. Aux côtés de “bore-out”. Ce n’est peut-être pas un hasard : l’un décrit le mal, l’autre esquisse une des réponses possibles.
Un phénomène qui s’installe dans la durée
En 2025, 15 % des actifs français cumulent au moins deux activités déclarées, soit 4,3 millions de personnes, presque un salarié sur six. Même après le pic exceptionnel de 2022 à 25 %, lié à la crise Covid, la tendance ne reflue pas. Elle s’installe dans la durée.
En 2016, 16 % des actifs se définissaient comme slasheurs, et 70 % d’entre eux le faisaient par choix. En 2022, ce taux avait grimpé à 26 %, et 96 % le vivaient comme un choix délibéré.
Le phénomène concerne d’abord les jeunes, 24 % des 18-24 ans et 19 % des 25-34 ans, mais ne s’y limite pas : 9 % des actifs de plus de 55 ans sont également concernés. Il est donc intergénérationnel.
Pourquoi ce choix ?
Les raisons sont multiples et souvent combinées. Si 62 % des slasheurs cherchent à améliorer leurs revenus, 38 % y voient l’occasion de monétiser une passion, et 21 % s’inscrivent dans un projet de reconversion ou une transition progressive vers l’entrepreneuriat.
Le désengagement au travail progresse : 26 % des Français estiment que leur activité professionnelle affecte leur santé mentale négativement. L’engagement mondial a chuté à 21 % selon le rapport de l’Institut Gallup en 2025. Face à ce constat, le slashing apparaît pour beaucoup comme une manière de reprendre la main, de ne plus attendre d’un seul employeur ce qu’une seule activité ne peut pas toujours offrir : du sens, de la variété, de l’autonomie.
La multi-activité est très minoritairement subie. Elle nourrit un engagement choisi et permet d’exprimer la singularité de chacun, tant dans les objectifs que dans les pratiques au quotidien.
La micro-entreprise comme cadre de référence
Majoritairement exercée sous le régime de la micro-entreprise, la seconde activité des slasheurs s’appuie de plus en plus sur les outils digitaux. En 2025, 39 % utilisent les réseaux sociaux, sites web ou e-commerce pour trouver leurs clients, contre 23 % trois ans plus tôt.
Pour près de la moitié des slasheurs, l’activité complémentaire est déjà entrepreneuriale. Le slashing est une porte d’entrée progressive, avec des risques contenus, vers l’entrepreneuriat. Le régime auto-entrepreneur a démocratisé cette bascule en permettant à chacun de tester une activité sans renoncer à la sécurité du salariat.
Slasher, oui, mais comment s’y retrouver ?
Le slashing n’est pas une solution universelle. Il demande une clarté sur ce que l’on veut vraiment combiner, et pourquoi. Certains profils s’y épanouissent naturellement, d’autres s’y épuisent faute d’avoir réfléchi à la cohérence de leur mosaïque.
C’est précisément ce que permet un bilan de compétences : identifier ce qui mérite d’être gardé, ce qui mérite d’être développé, et la façon dont tout cela peut s’articuler de manière viable et alignée avec ce que vous êtes vraiment.



