Quand une reconversion ou un changement de poste se profile, une question arrive immédiatement « Et si je me trompais ? ». On pèse le risque de partir sous toutes ses coutures. On imagine les scénarios, on liste ce qu’on pourrait perdre. C’est normal, et c’est même sain de réfléchir avant d’agir.
Le problème, c’est qu’on ne pèse presque jamais l’autre plateau de la balance : le risque de rester. Celui-ci ne fait pas de bruit, en fait on reste et le temps passe…
Les chiffres, eux, rendent visible le coût de cette non décision :
En France, plusieurs enquêtes situent l’engagement au travail à un niveau faible, autour de 26% dans une enquête Gallup citée en 2024.
La grande majorité des actifs traversent donc leurs journées sans réel élan.
Et ce désengagement a un coût parfaitement chiffré : selon l’Indice de Bien-Être au Travail 2024, il représente en moyenne 14 840 euros par an et par salarié concerné. À l’échelle mondiale, Gallup estime la facture à près de 10 000 milliards de dollars par an, soit environ 9 % du PIB mondial.
Ces montants parlent d’abord aux entreprises.
Mais derrière eux, il y a une réalité que beaucoup connaissent de l’intérieur…
Rester dans un poste qui ne nous correspond plus a un prix, et on le paie en monnaie personnelle : de l’énergie qui s’épuise, une motivation qui s’éteint, des compétences qu’on n’utilise plus, des années qui passent.
Ce coût ne s’affiche jamais nulle part. Il ne prend pas la forme d’une catastrophe. Il s’accumule, doucement !
Il y a là une asymétrie qu’il vaut la peine de nommer. Partir est une décision : on la prend une fois et consciemment.
Rester, quand le poste ne convient plus, est une décision elle aussi, mais qu’on prend par défaut, chaque matin, sans la voir comme telle. La première fait peur parce qu’elle est visible. La seconde ne fait pas peur parce qu’elle est invisible. Ce qui ne veut pas dire qu’elle est sans conséquence.
La bonne question n’est donc pas « est-ce que partir est risqué ? ».
Bien sûr que ça l’est, toujours ! La vraie question, celle qu’on oublie de se poser, c’est : « est-ce que rester est vraiment sans risque ? ». Comparer honnêtement les deux plateaux change souvent la décision. Non pas parce qu’il faudrait partir à tout prix, mais parce qu’on cesse de confondre l’immobilité avec la sécurité.
Mettre un chiffre, ou au moins un mot, sur le coût de rester, c’est déjà reprendre la main sur son parcours plutôt que de le subir.
Sources
1. Gallup, State of the Global Workplace 2026
2. Indice de Bien-Être au Travail (IBET) 2024, Mozart Consulting



